Saluons le 2e Colloque de Idée éducation entrepreneuriale

29 novembre 2019

Le PEEC était présent lors du 2e colloque de Idée éducation entrepreneuriale à Lévis, à la fin du mois d’octobre 2019. Lorsqu’on parle de cette organisation, on évoque surtout l’entrepreneuriat éducatif dans les écoles primaires et secondaires. On évoque également une approche de l’entrepreneuriat éducatif qui est à la fois communautaire, environnementalement et socialement responsable. Cette approche a pour but de développer l’esprit d’entreprendre et repose sur la prise d’initiative par les élèves. L’organisation Idée éducation entrepreneuriale rappelle aussi la figure bien connue de son fondateur: Rino Lévesque.

On peut se demander quel est l’intérêt du PEEC, surtout actif dans le milieu collégial, à assurer une présence lors de ce colloque. Plusieurs éléments nous rapprochent de la perspective de l’entrepreneuriat éducatif responsable – conscient. D’abord, l’envergure de l’événement, autour de 300 participants, le soutien de plusieurs organismes – et en particulier celui de la Chaire de leadership en enseignement sur le développement de l’esprit d’entreprendre et de l’entrepreneuriat de l’Université Laval – devraient attirer notre attention. Ensuite, on peut penser qu’il n’y a pas tellement de différences entre un étudiant de 5e secondaire qui est impliqué dans un projet entrepreneurial et un autre étudiant de 1re année du collégial également à la recherche d’un soutien pour monter un projet entrepreneurial.

En faveur de notre intérêt pour Idée, évoquons aussi la très grande créativité des enseignants et des conseillers pédagogiques autant au secondaire qu’à l’école primaire pour stimuler l’esprit d’entreprendre, éveiller la conscience des élèves à différents défis qu’ils devront affronter dans leur vie. Ce sont des professionnels sérieux qui innovent véritablement et développent une pédagogie active très appréciée des jeunes. Enfin, il est important de souligner le rayonnement international de ce mouvement pédagogique particulier, puisque la méthode proposée par Idée éducation entrepreneuriale est implantée dans 159 écoles de trois continents. 

Le programme du colloque était très riche. En particulier, nous aimerions mettre en valeur quelques présentations auxquelles nous avons assistées, en commençant par souligner la conférence de David Côté et Julie Poitras-Saulnier de l’entreprise de récupération de fruits et légumes LOOP Mission qui offre des jus à travers le Québec. Ils donnent un bon exemple d’un projet qui est à la fois environnemental, socialement conscient et responsable sur le plan de la gestion. Ce projet représente une belle illustration des préoccupations et de l’initiative des jeunes générations, il correspond très bien à leur intention et à leurs valeurs.

La présence de quelques universitaires manifeste leur intention d’encourager les pratiques les plus novatrices dans le domaine de l’entrepreneuriat responsable. Nous pensons en particulier à Marie-José Drapeau de l’Université du Québec à Chicoutimi qui nous a initié à la matrice du modèle d’affaires. Plusieurs organismes également étaient présents, comme OSEntreprendre représenté par sa directrice générale, madame Manon Théberge. 

Nous avons été impressionné par l’atelier animé par les dynamiques Annie Thurbide et Marjorie Paradis représentant le Service national du RÉCIT, un regroupement de conseillères pédagogiques, oeuvrant notamment en soutien aux technologies innovantes dans les écoles. Celles-ci promeuvent une éducation entrepreneuriale responsable qui va de pair avec l’autonomisation éthique à l’ère du numérique. Leur réflexion éthique est remarquable, notamment par la mise à distance critique installée en classe, la définition des enjeux et l’identification de la charge émotive chez les élèves. Leur approche met directement en jeu des dilemmes éthiques qui interpellent les jeunes. Elles valorisent les échanges et amènent les jeunes à questionner leurs valeurs et leurs choix sur l’axe liberté-sécurité. Tout ceci contribue fortement au développement de la pensée critique.

Nous aimerions aussi souligner la contribution de Maripier Tremblay et Matthias Pepin, de la Chaire de l’Université Laval mentionnée ci-dessus, qui offrent des leviers pour le milieu scolaire dans le but d’entreprendre de manière responsable. Selon eux, la responsabilité prend trois formes : premièrement, une forme économique, deuxièmement, une forme sociale et troisièmement, une forme écologique. Le développement durable signifie donc un développement qui est à la fois vivable, viable et équitable.

On peut éduquer à l’entrepreneuriat responsable dès la phase de conception. L’opportunité perçue doit se combiner d’emblée avec une réflexion sur la durabilité. Ensuite, viendra un modèle de planification intégrant les éléments de durabilité. Puis, la commercialisation intégrera aussi des critères de durabilité. Enfin, on assistera à la création de valeurs, mais sur une base de pérennité. Il faut innover en tenant compte de la situation d’urgence socio-environnementale. Sur un plan plus général, il faut remettre en question l’idéologie de la croissance à tout prix. On peut accueillir n’importe quel projet d’élèves, mais il faut tenter de l’équilibrer tout en sachant que la solution finale sera forcément imparfaite. Il ne s’agit pas de correspondre à un modèle idéal, mais plutôt de se présenter comme des accompagnateurs face à un monde réel: amener les élèves à se questionner sur leur capacité d’action, de manière authentique, suivant une vision réaliste visant la promotion d’un agir différent.

Soulignons l’audace de l’approche du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) portant sur l’innovation, la créativité et le développement social. Stéphany Bertrand, Sophie Larocque-Germain et Pascal Lefebvre nous ont amené à penser le changement en nous plaçant du point de vue d’un monde qui n’existe pas encore!  Il convient de préparer les jeunes à ce monde par une expérience d’apprentissage actif qui est tournée vers la communauté. Ainsi, l’élève est amené à s’entreprendre : cela permet de mettre fin à l’attitude apathique qu’on constate chez certains jeunes qui ne semblent s’enthousiasmer pour rien et qui vivent une forte éco-anxiété. Mettez-vous en mouvement, innovez! Le rôle de l’école n’est-il pas d’encadrer cette prise d’initiative?

On sent l’authenticité de la démarche des enseignants, des professionnelles et des cadres qui s’engagent avec leur école dans de tels projets, sans pourtant négliger le cheminement académique, au contraire. Rappelons que le CEPEO fait partie d’un réseau d’écoles publiques francophones ontariennes qui se distingue par la qualité de son enseignement et l’excellence des résultats de ses élèves. Nul doute que ceux-ci sortiront de l’école avec le goût d’entreprendre pour le bien commun.

Il me paraît évident que l’approche entrepreneuriale en pédagogie, le développement de l’esprit d’entreprendre et des compétences proactives font partie de ces fameuses compétences du 21e siècle dont on parle partout. Nous devrions regarder de ce côté lorsque nous nous interrogeons sur la réussite scolaire, en particulier au collégial. Il ne faut pas opposer l’entrepreneuriat et les affaires académiques. Ce sont les deux faces de la même médaille, du moins dans notre siècle.

À l’avenir, il serait pertinent que des répondants entrepreneuriaux des collèges soient présents lors de ce colloque annuel pour accentuer les échanges entre le réseau collégial et les initiatives de nos collègues du primaire et du secondaire. En s’unissant dans la perspective d’un entrepreneuriat responsable, dont Idée est un porteur depuis de longues années, nous irons plus loin.

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Notre Mission

Le PEEC outille les intervenants entrepreneuriaux des collèges afin d’intervenir dans tous les aspects de l’entrepreneuriat éducatif en enseignement supérieur. Ainsi, il favorise la persévérance et la réussite scolaire, de même que l’implication des apprentis entrepreneurs dans leur communauté. En complémentarité avec les autres organismes
œuvrant en entrepreneuriat, il stimule l’entrepreneuriat étudiant à travers ses trois
axes:

  1. La sensibilisation
  2. L’engagement
  3. La réalisation.

Le PEEC encourage l’apprentissage dans l’action et l’entrepreneuriat responsable et social.

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